Ces derniers mois ont été marqués par une pluie de records en matière de rendement de conversion. Avec une puissance nominale en hausse, l’énergie photovoltaïque assoit clairement sa légitimité.

Grâce à un coût des technologies propres qui ne cesse de diminuer, la production électrique issue des énergies renouvelables est en hausse constante depuis plusieurs années. Le dernier rapport de l’ONU baptisé «Tendances mondiales des investissements dans les énergies renouvelables» démontre que les nouveaux investissements solaires ont totalisé 113,7 milliards de dollars en 2016, en baisse de 34% par rapport à 2015. Paradoxalement, les ajouts de capacité solaire ont augmenté pour atteindre un niveau record de 75 gigawatts. Et c’est une occasion à saisir selon Erik Solheim, directeur exécutif de l’ONU Environnement: «Les technologies propres toujours moins chères offrent une réelle opportunité pour les investisseurs. C’est exactement ce genre de situation, où se rejoignent les besoins des personnes et l’exigence de profits, qui mènera la transition vers un monde meilleur pour tous.»

Ces derniers mois, la technologie a fait des pas de géant.
Jonctions multiples

D’un côté les coûts de l’énergie solaire diminuent et de l’autre, comme c’est souvent le cas, la technologie fait des pas de géant. Une équipe de chercheurs du Centre suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM), de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et du National Renewable Energy Laboratory (NREL) ont accompli une avancée importante. Leur travail en commun a permis de démontrer que les cellules photovoltaïques à jonctions multiples utilisant une jonction arrière en silicium recèlent un potentiel énorme. Les scientifiques ont établi un nouveau record de rendement de conversion sous éclairement solaire pour des cellules solaires III–V/Si, atteignant 32,8% pour les cellules à double jonction et 35,9% pour les cellules à triple jonction.

Modules rentables

Cette avancée recèle de nouvelles promesses. En effet, jusqu’à maintenant, des taux de rendements supérieurs à 35% avaient été atteints en laboratoire, mais uniquement par des cellules nécessitant des matériaux très coûteux. Le marché actuel du photovoltaïque est quant à lui dominé par des modules rentables constitués de cellules solaires de silicium à simple jonction, dont les rendements sont compris entre 17% et 22%. Au vu du nouveau record établi, cela pourrait changer et la transition entre les cellules de silicium à simple jonction et les cellules solaires à jonctions multiples a le potentiel de générer des rendements supérieurs à 30%, tout en bénéficiant toujours de l’expertise de fabrication rentable des cellules solaires de silicium. Le NREL et des scientifiques suisses se sont consacrés à la production de ce type de cellules solaires pour démontrer expérimentalement des rendements qui dépassent 30%. Christophe Ballif, directeur du centre photovoltaïque du CSEM et du laboratoire de photovoltaïque de l’EPFL confirme ce nouveau paradigme: «Ces records prouvent que l’association de silicium cristallin et d’autres matériaux ouvre la voie pour améliorer le ratio entre le coût et le rendement de l’énergie solaire.» La transition écologique est définitivement en marche.

Les modules de 72 cellules dépassent désormais 360 watts de puissance nominale.

Technologie 3.0 au rendez-vous mondial de Las Vegas
Lors de la dernière édition du Solar Power International, qui s’est déroulée du 10 au 13 septembre à Las Vegas, les innovations dévoilées ont permis de prouver que l’énergie photovoltaïque est clairement entrée dans une nouvelle ère. Les professionnels présents ont pu notamment découvrir les nouveautés de LONGi Solar, le plus grand fabricant au monde de cellules et de modules solaires monocristallins. Ces derniers affichent désormais des puissances nominales dépassant 300 watts lorsqu’ils disposent de 60 cellules et plus de 360 watts quand ils sont équipés de 72 cellules. Ce qui a fait dire à Zhengguo Li, président et fondateur de LONGi Group: «Le photovoltaïque 3.0 marque le début d’une phase permettant aux investisseurs d’utiliser des modules cristallins haute performance de grande qualité.» Et la société ne compte pas s’arrêter là, elle accroît actuellement la capacité de production de son usine malaisienne de cellules et de modules solaires intégrés verticalement pour la porter à 600 mégawatts de silicium monocristallin PERC d’ici la fin de l’année afin d’offrir à sa clientèle des modules solaires libres de droits excédant les 300 watts. En tout, la capacité de production de cellules et de modules de LONGi Solar sera portée à 6,5 gigawatts avant la fin du mois de décembre.