Lisa Mazzone
Conseillère nationale et vice-présidente
des Verts suisses.

Le service civil joue un rôle clé auprès des personnes âgées ou en situation de handicap, dans les hôpitaux ou les alpages. Selon la loi, il «opère dans les domaines où les ressources ne sont pas suffisantes ou sont absentes, pour remplir des tâches importantes de la communauté». En 2016, le nombre d’institutions d’utilité publique dans lesquelles des civilistes se sont engagés a franchi la barre des 5000, pour un total de 16’461 places d’affectation. Le parlement a d’ailleurs récemment ajouté l’instruction publique à ses domaines d’activité, pour répondre aux besoins en encadrement dans les écoles. Cela s’inscrit dans le cadre de l’initiative visant à combattre la pénurie de personnel qualifié, afin d’étendre les possibilités pour les parents de concilier vie professionnelle et vie de famille. Le vieillissement de la population pose également des défis croissants en matière de soins et d’accompagnement, auxquels le service civil contribue à répondre. Malgré l’apport largement reconnu du service civil à la société, le Conseil fédéral souhaite désormais «réduire substantiellement le nombre des admissions», remettant directement en question le droit à l’objection de conscience par le biais d’un service de remplacement. Aujourd’hui déjà, les civilistes sont pénalisés, puisqu’ils effectuent une durée de service une fois et demi supérieure à ceux qui suivent la voie militaire. Pourtant, le Conseil fédéral souhaite encore rallonger le nombre de jours accomplis par les personnes qui décident de rejoindre le service civil après avoir accompli leur école de recrue. Pour la cohésion sociale et pour la population, c’est un très mauvais calcul.