Depuis plus de 50 ans, l’innovation israélienne fait partie des plus dynamiques de la planète. Ajouter à cela une culture entrepreneuriale dynamique et l’on obtient la «startup nation», un concentré de réussites fulgurantes. Mais ce succès est désormais menacé.

En matière d’innovation, il n’y a pas que les Etats-Unis, la Chine et le Japon. Et la taille n’est pas toujours déterminante. La meilleure preuve de cette réalité? La réussite incontestée du petit Etat d’Israël. Sur un territoire de la même taille que la Bretagne, soit 22’000 kilomètres carrés, un miracle s’est produit. Entre 1998 et 2012, la croissance affichée par la high-tech s’élevait à 9% en moyenne avec au total environ 7000 startups. Mieux encore, en 2015, le pays a levé plus de 3 milliards de francs suisses pour ses jeunes pousses actives dans la cybersécurité, l’informatique, la fintech, la santé, mais aussi l’agriculture. Depuis dix ans maintenant, les entrepreneurs israéliens sont donc en mesure de rivaliser avec leurs homologues de la mythique Silicon Valley américaine.

Convoitises et alliances

Cette réussite inespérée a très rapidement suscité des convoitises. On ne compte plus les délégations étrangères ayant foulé le sol de ce petit état pour tenter d’y comprendre la recette du succès. La Suisse n’est pas en reste. Au début du mois de septembre, la coopération financière a été renforcée lors d’une rencontre à Tel Aviv entre Ueli Maurer, conseiller fédéral en charge du Département des finances et son homologue israélien Moshe Kahlon. Les deux ministres ont notamment exprimé leur désir d’établir un dialogue régulier entre leurs ministères, ainsi que de renforcer la fourniture transfrontalière de services financiers: celle-ci est profitable aux deux pays car elle contribue à instaurer des conditions efficaces et concurrentielles pour les prestataires de services financiers, stimulant ainsi la croissance économique et le développement. Cet accord porte aussi sur le secteur des technologies financières (fintech) entre l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA), la Capital Market, Insurance and Savings Authority (CMISA) et l’Israel Securities Authority (ISA). Cet accord fournit aux entreprises suisses et israéliennes qui innovent dans ce secteur un cadre pour établir des premiers contacts ainsi que pour échanger sur les exigences réglementaires, ce qui permettra de réduire les incertitudes quant à ces dernières et de raccourcir les délais d’entrée sur le marché.

La menace des rachats

La FINMA, la CMISA et l’ISA échangeront également des informations relatives aux nouvelles tendances dans le domaine des technologies financières et à l’impact de ces technologies sur la réglementation. Ce rapprochement est forcément une excellente nouvelle pour l’écosystème des startups helvétiques. Prendre exemple sur le modèle israélien doit cependant aussi passer par un investissement plus important en matière de recherche et développement (R&D). En effet, Israël consacre plus de 4% de son PIB à la R&D. En Suisse, cette part s’élève à seulement 0,7%. Malgré cette importante différence, Israël tend à perdre de sa superbe depuis quelques mois. Une nouvelle menace se dessine, celle du rachat des startups les plus prometteuses par de grands groupes américains ou asiatiques. Ainsi, cette année, le géant américain des puces électroniques Intel ne s’est pas gêné pour avaler Mobileye, une société israélienne spécialisée dans les systèmes anticollisions et d’assistance à la conduite de véhicules. Montant de la transaction? 15 milliards de dollars, un record absolu! Créée en 1999, Mobileye s’est spécialisée dans la vision artificielle appliquée à l’automobile. La société a conclu de nombreux accords avec des constructeurs, dont un partenariat stratégique sur le traitement d’image en temps réel avec Volkswagen. Selon les spécialistes, ce rachat est le début d’une vague qui devrait prochainement faire vaciller la «startup nation».

Les jeunes pousses sont au nombre de 7000 à Israël.

Une startup israélienne annonce une première mondiale
Depuis sa création en 2015, l’objectif de SnatchBot a été de démocratiser l’accès aux chatbots et de mettre le développement des robots à la portée de tous, développeurs ou autres. Basé au cœur de la «startup nation», SnatchBot offre un accès mondial à des robots sophistiqués de conversation en langage fluide avec des expériences d’utilisateurs captivantes et des interactions de conversation réalistes via l’ensemble des canaux de communication. La jeune pousse vient de lancer le magasin SnatchBot pour simplifier la création d’agents conversationnels et offrir des robots prédéfinis entièrement intégrés à la plate-forme de création de robots. Cette place de marché exclusive offre aux entreprises un moyen d’adapter rapidement et facilement les robots prédéfinis à leur marque et de les publier dans de nombreux canaux à trafic élevé, y compris Slack, SMS, Facebook Messenger et le Web. Pour le co-fondateur et CEO de SnatchBot, Henri Ben Ezra, «SnatchBot Store et la plateforme SnatchBot réduiront de manière considérable le temps et les investissements associés au développement de robot».