Frédéric Borloz Syndic d’Aigle et conseiller national PLR.

Peut-on encore parler de patience lorsque les retards accumulés par des projets de construction dépassent la dizaine d’années? La lenteur avec laquelle de nouveaux quartiers voient le jour m’interpelle. Certes, les exigences de la LAT (Loi fédérale sur l’aménagement du territoire) déploient déjà suffisamment d’effets pour «geler» certains projets. Les collectivités publiques n’ont pas d’autre choix que de s’adapter à ces nouvelles contraintes. Mais que dire de ces oppositions systématiques qui fleurissent dès qu’un projet de construction se dessine? Groupes d’intérêts, voisinage, maîtres d’ouvrages: tous peuvent faire usage du droit de recours. Les procédures juridiques coûtent cher aux contribuables: elles induisent des retards irrattrapables et font perdre des subventions cantonales et fédérales. Pendant ce temps, le marché se modifie, les besoins en logement évoluent. Ce qu’un projet initial de construction prévoyait il y a dix ans ne correspond plus au présent: comment absorber de tels décalages? Les architectes ne sont pas des magiciens et les possibilités d’enquêtes complémentaires comportent des limites. Je pense aussi à ces commerçants qui subissent des désagréments sur une trop longue période, aux usagers qui doivent se contenter d’infrastructures provisoires mal calibrées. Il conviendrait de mieux pondérer ce qu’implique l’intérêt général en regard des recours à répétition. Loin de moi l’idée de ne pas garantir ce droit fondamental, mais j’appelle de mes vœux une évolution dans la manière de procéder. Ainsi, admettre un droit de recours dans une procédure complète est parfaitement normal mais que ce droit se retrouve à toutes les étapes du processus paraît être disproportionné, voire injuste vis-à-vis des développeurs de projets.