Petit à petit, les centrales hydrauliques ont su s’imposer dans le domaine de la production énergétique helvétique. Elles participent à l’évidente montée en puissance des sources renouvelables. Etat des lieux.

En l’espace d’un an, la puissance maximale au générateur générée par la force hydraulique a augmenté de 989 MW. Et selon les derniers chiffres fournis par l’Office fédéral de l’énergie (OFEN), on compte 643 aménagements hydroélectriques sur l’ensemble du territoire helvétique, soit 20 de plus qu’en 2015. Si l’augmentation n’est pas spectaculaire, elle démontre cependant l’intérêt grandissant pour cette technologie. La production d’énergie attendue a progressé de 89 GWh en une année pour atteindre 36’264 GWh annuels. Cette hausse correspond approximativement à la moyenne des dix dernières années (88,3 GWh/a). Les cantons affichant la production attendue la plus élevée sont le Valais, avec 9702 GWh/a (26,7%), les Grisons, avec 7928 GWh/a (21,8%), le Tessin, avec 3547 GWh/a (9,8%), et Berne, avec 3310 GWh/a (9,1%).

Le renouvelable en hausse

Autre statistique récemment diffusée par l’OFEN, près de 60% du courant consommé en Suisse provient d’énergies renouvelables. Plus précisément, 53% sont issus de la grande hydraulique et les autres 5% du photovoltaïque, de l’énergie éolienne, de la petite hydraulique et de la biomasse. Quant à l’énergie nucléaire, elle représente 21% et celle des déchets et des agents énergétiques fossiles, 2%. Quant aux 19% restants, ils proviennent de sources invérifiables. Cette proportion relativement élevée pourrait venir du fait que davantage de courant d’origine fossile et nucléaire a été acheté sur le marché européen, sans acquérir de garanties d’origine correspondantes. Si cette part invérifiée n’a que faiblement augmenté par rapport à l’année précédente, il y a tout de même une volonté politique affirmée de la diminuer. Pour ce faire, le Conseil fédéral a déjà mis en œuvre un certain nombre de mesures. Depuis 2013, par exemple, toutes les installations – à l’exception des installations de faible puissance – doivent être enregistrées dans le système suisse de garantie d’origine exploité par Swissgrid, la société nationale pour l’exploitation du réseau. L’ordonnance sur l’énergie exige également des fournisseurs qu’ils utilisent toutes les garanties d’origine disponibles pour le marquage de l’électricité et qu’ils donnent des explications à leurs clients si la part des «sources d’énergie non vérifiables» dépasse 20%.

Mix des fournisseurs

La transparence est également souhaitée en ce qui concerne le mix des fournisseurs. Afin de l’assurer, les entreprises suisses d’approvisionnement en électricité sont tenues depuis 2005 de déclarer la provenance et la composition du courant qu’elles livrent. Cette déclaration est toujours faite rétroactivement, sur la base des données de l’année civile précédente. Depuis 2006, ces données doivent également être communiquées à tous les clients avec la facture d’électricité. Ces diverses mesures permettent, année après année, de mieux comprendre la structure de l’énergie utilisée en Suisse. Une énergie toujours plus verte…

La station de Veytaux dispose d’une puissance de 480 mégawatts.

Une inauguration en grande pompe
Au mois de mai dernier, les Forces Motrices Hongrin-Léman SA ont inauguré à Veytaux le deuxième aménagement de pompage-turbinage le plus puissant de Suisse. Avec ses 480 mégawatts (MW) de puissance, dont 60 MW de réserve, il apporte une contribution notable à la sécurité d’approvisionnement de la Suisse. L’investissement de 331 millions de francs, réalisé par les partenaires des FMHL, soit Romande Energie (41.14%), Alpiq (39.29%), Groupe E (13.14%) et la Ville de Lausanne (6.43%), démontre leur vision à long terme dans un contexte énergétique européen peu favorable à la force hydraulique. Le bas niveau des prix de gros sur les marchés de l’électricité ne reflète pas la valeur de l’énergie hydraulique, ni le rôle essentiel du pompage-turbinage pour la sécurité d’approvisionnement. En effet, les centrales de pompage-turbinage fournissent de l’énergie de réglage indispensable pour équilibrer le réseau électrique. Elles sont aujourd’hui le moyen le plus efficace pour stocker de l’électricité en grande quantité et la restituer ensuite sur le réseau lorsque la demande est importante. Lors de l’inauguration, Benoît Revaz, directeur de l’Office fédéral de l’énergie, n’a pas manqué de rappeler cette réalité: «La Suisse a la chance de disposer d’infrastructures hydroélectriques performantes qui lui permettent d’envisager une intégration efficace des énergies intermittentes dans son système énergétique.»