Sandrine Salerno est candidate au Conseil d’Etat genevois.

En charge du département des finances et du logement, Sandrine Salerno se plaît à rappeler que le travail entrepris pour assainir les comptes municipaux est une réussite. Un succès qu’elle compte bien mettre à son actif pour accéder au Conseil d’Etat au printemps prochain.

Synergies: Comment se portent les finances de la Ville de Genève?

Sandrine Salerno: La santé financière de la Ville de Genève est excellente, comme en attestent de nombreuses études indépendantes. Nous venons d’ailleurs de déposer un projet de budget 2018 à l’équilibre.

Quels sont les chiffres qui vous rendent optimiste?

Ils sont nombreux. D’abord, depuis 2007, la dette municipale a baissé de 17,9%, soit de 330 millions de francs. Sur la même période, la moyenne du taux d’autofinancement des investissements de la Ville a atteint 137%. Et, mis à part 2013 – année où la Ville a dû recapitaliser sa caisse de pension – les comptes municipaux ont systématiquement été excédentaires depuis 2003. En 2016, le boni a ainsi atteint 32,5 millions de francs.

Et ceux qui vous inquiètent?

Les finances de la ville sont saines, je n’ai donc pas d’inquiétudes sur les chiffres actuels. Par contre, les enjeux fiscaux qui attendent la Suisse, la transformation profonde que vit l’économie sont des tendances fortes, je travaille donc au quotidien pour que ma commune soit prête à relever ces défis.

Que faudrait-il mettre en œuvre pour que la situation soit encore meilleure?

D’un point de vue purement financier, il faut poursuivre le travail mené depuis 10 ans. Toujours tenter d’améliorer les processus car on peut toujours faire mieux. Mais aujourd’hui ma plus grande inquiétude est dans les rapports entre le Conseil administratif et le Conseil municipal. Nous devons trouver un moyen de pacifier les relations. Admettre que la situation financière est bonne non parce que je le dis mais car les faits sont là, les instituts de notation le répètent année après année, serait un premier pas important. Il permettrait de discuter des projets politiques des uns et des autres, de leur vision de l’avenir et des défis qui attendent notre commune.

Quels sont les grands défis qui vous attendent ces prochains mois?

Les prochains mois seront évidemment marqués par les élections cantonales. Les Genevoises et les Genevois choisiront les responsables politiques qui agiront dans les cinq prochaines années et qui devront répondre et préparer notre société aux défis comme les mutations numériques, le vieillissement de la population et les enjeux environnementaux notamment climatiques.

Quel regard portez-vous sur le canton de Vaud où les échanges politiques sont souvent plus apaisés permettant ainsi de dégager des consensus?

Nous souffrons effectivement à Genève de rapports de force politiques trop souvent des postures politiques. Mais les acteurs clés en sont conscients. Mes échanges avec les milieux associatifs, syndicaux et patronaux, notamment sur la question de l’emploi, me donnent confiance dans la capacité genevoise à répondre aux défis.

Vous y êtes sensible, la précarité augmente depuis plusieurs années à Genève et, de manière générale, en Suisse romande. Comment inverser cette tendance?

Il y a à la fois le besoin urgent de répondre aux besoins vitaux mais également d’anticiper, je pense à la pauvreté chez les enfants, et de développer une politique ciblant les catégories «à risques». Il faut une action publique transversale qui ne se résume pas à une «assistance» sociale ni à un dispositif administratif trop complexe et excluant des personnes qui en ont besoin. La précarité est le résultat d’un système complexe qui implique le logement, la santé, la formation et l’emploi mais pas n’importe quel emploi car le travail n’est plus un rempart contre la pauvreté. L’enjeu est celui du revenu décent, un revenu de base permettant de couvrir les besoins vitaux et le défi est d’autant plus important que le marché du travail va être fortement secoué par les mutations numériques.

Vous l’avez annoncé au mois de mai de cette année, vous êtes candidate au Conseil d’Etat. Quel est votre plan de bataille pour remporter cette élection?

Redonner confiance aux Genevoises et aux Genevois dans la capacité du Conseil d’Etat à répondre aux besoins et aux défis, montrer que nous, responsables politiques, nous sommes prêts à nourrir la collégialité et à travailler de manière transversale et concertée en défendant les valeurs d’une société solidaire et durable.

Etre socialiste en 2017, cela signifie quoi?

A l’heure où les inégalités sociales se creusent, où de nombreuses incertitudes pèsent sur l’emploi de demain, être socialiste en 2017, c’est avoir conscience de l’urgence et de la gravité de la situation et trouver des solutions. C’est refuser de s’enfermer dans des postures qui donnent l’illusion du grand soir mais ne changeront pas le quotidien de celles et ceux qui en ont besoin. Etre socialiste, c’est travailler avec tous les acteurs, de manière concertée et innover pour garantir la protection et la cohésion sociale. C’est réaffirmer le rôle de l’Etat et l’importance des investissements et des services publics.